REPRISE DES HOSTILITÉS
Une lettre adressée au maréchal de Riclielieu, mais venue par succession entre les mains du comte de Clermont, lui avait donné, dès son arrivée à Hanovre, les premières nouvelles de l'ennemi. C'était une lettre du prince Henri de Prusse, altière, indignée, menaçante, au sujet de la récente incursion du marquis de Voyer dans la principauté de Halberstadt (1). Les représailles qu'elle annonçait étaient-elles prochaines ? Malheureusement le comte de Clermont n'en pouvait rien savoir : les informations, si ce n'est par quelques espions de bas étage, lui manquaient. 11 en était désolé, non surpris : « L'on n'est point aidé quand on est détesté, disait-il, et assurément nous le sommes bien cordialement, même parmi ceux que nous comptons au nombre de nos amis (2). » Cependant il ne se croyait pas si menacé qu'il l'était réellement.
Arrivé le 44 février, seulement inquiet le 16, il était, le 18, en pleine crise. Partout, de Brème à Wolfenbiittel, du confluent de l'Aller aux sources de l'Ocker, l'ennemi manœuvrait pour percer ses cantonnements : à l'extrême gauche le prince héréditaire de Brunswick, au centre le prince Ferdinand, à droite le prince Henri de Prusse. L^ancienne armée du duc de Cumberland, grossie par des renforts prussiens et anglais, comptait
^ (1) Pap. Clermont, 1758, 1. 1, n» 11. C'est la lettre originale datée cde Leipsick, 30 janvier 1758. •
(2) Clermont au maniuis de Paulmy, IG février.