II AVA>T-PROPOS
honneur à l'éducation de son fils qu'il avoit élevé comme on l'eût été à Sparte, et qu'il n'avoit pas ménagé dans les divers voyages qu'il lui avoit prescrits, surtout ceux du Nord, quoique assurément il l'aimât bien tendrement. Il est vrai que cette éducation avoit trouvé un sujet unique, digne de la plus haute fortune d'oii ses vertus auroient écarté l'envie, dont la mémoire doit durer par tout ce que l'on en devoit attendre, et à qui l'on peut appliquer ce regret si beau et si touchant de Virgile :
« Tu Marcelhfs eris »
C'est la courte vie de ce jeune homme, mort à vingt-six ans, que nous offrons, d'abord comme un sujet d'étude morale, au lecteur. Mais la biographie ne va pas longtemps seule; l'histoire la rejoint à grands pas, s'empare du chemin, l'entraîne dès lors et la confond dans sa suite, de sorte que l'étude morale élargie devient une étude historique, et le portrait d'un seul personnage le tableau d'une époque.
Les matériaux de ce travail étaient dispersés dans les Archives du Dépôt de la Guerre; en les rassemblant, on a eu le déplaisir d'y constater des lacunes et le chagrin plus vif encore de s'assurer que ces lacunes ne sont pas réparables. Un