AVANT-PROPOS III
chevalier de Moiihy, qui se donnait la qualité de premier genlilhomme de monseigneur le maréchal de Belle-Isle, au fait, un parasite qui gagnait son pain en prenant soin des livres du maréchal et en le fournissant de nouvelles littéraires, se plaignait amèrement, après la mort de son adorable maître, d'avoir été oublié par lui dans ses dispositions dernières et de se trouver, par cette inadvertance déplorable, réduit à l'aumône. Parmi les titres qu'il énumérait, afin d'apitoyer l'un des exécuteurs testamentaires du maréchal de Belle- Isle, celui qu'il faisait sonner le plus haut, c'était d'avoir été le visiteur et le dépositaire des papiers du comte de Gisors et d'avoir eu soin de brûler toutes les correspondances. Le beau service! Louis XIV disait du duc d'Orléans, son neveu, qu'il était un fanfaron de crime. C'était aussi à sa manière un fanfaron que ce chevalier de Mouhy; il se vantait : il avait beaucoup, mais non pas tout brûlé; si bien qu'en le mettant au pilori pour ce qu'il a dérobé à l'iiistoire, on est tenté de le laisser aller pour ce qu'il a néghgé de détruire.
Ainsi ont péri la plupart des notes de voyage, et, sauf un petit nombre de pièces heureusement des plus considérables, tous les papiers du comte de Gisors pendant cette période si importante de sa vie. Cependant, grâce à la libérale obligeance