TRIBUNAL DES MARÉCHAUX DE FRANCE
minant la correspondance militaire de la campagne de 1757, trouva des lettres particulières du comte de Maillebois au marquis de Paulmy, son beau-frère, et que celui-ci, en quittant le ministère, avait eu l'imprudence de laisser parmi les papiers de son département; ces lettres étaient la condamnation même de l'ancien chef d'état-major du maréchal d'Estrées (i). Le roi, sur l'avis du maréchal de Bel!e-Isle, déféra la conduite du comte de Maillebois au tribunal des maréchaux de France.
L'affaire fut portée devant eux le 19 mai 1738, et le lendemain le ministre de la guerre en faisait connaître au comte de Clermont le résultat par la lettre suivante : « Votre Altesse Sérénissime a certainement ouï parler d'un mémoire anonyme fait par M. le comte de Maillebois contre le maréchal d'Estrées; ce mémoire a depuis été avoué par le maréchal de Maillebois. La subordination est si fortement blessée, la forme d'une espèce de libelle répandu sans permission, son contenu, tout a paru si grave que, sur la plainte qu'en a portée le maréchal d'Estrées au roi, Sa Majesté a cru devoir y faire une sérieuse attention ; mais avant de prendre un parti, elle a souhaité que le tout fût communiqué au tribunal des maréchaux de France, pour avoir leur avis. L'assemblée s'est faite hier ; j'ai eu ordre du roi d'y
(1) Nous en avons donné les extraits les plus importants dans le récit de la campaç;ne de ITo". On peut consulter sur toute cette atfaire une notice manuscrite sur le comte de Maillebois, placée en tête du recueil de la correspondance du comte avec Pàris- Duverney, et dont l'auteur paraît être le prince de Montbarey, qui fut d'abord arijoint au ministre de la guerre, puis ministre en titre sous Louis XVI de 1770 h 1780. Le prince de Montbarey avait été camarade de collège du comte de Gisors.