‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 233 sur 277 · MÉMOIRE DU COMTE DE MAILLEBOIS · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DU COMTE DE MAILLEBOIS

griefs de ropinion publique ou seulement aux reproches de sa conscience qu'il voulait répondre? Etait-ce au contraire une dernière intrigue contre le maréchal d'Estrées dont la popularité offusquait et inquiétait ses anciens ennemis? Quoi qu'il en soit, le mémoire ne justifiait le comte de Maillebois qu'en tournant, avec un respect affecté, le comte d'Estrées en ridicule. L'ancien maréchal général des logis de l'armée du Hanovre, sous deux chefs successifs, poussait en même temps le mépris de l'opinion jusqu'à cette révélation, naïve en apparence, en fait d'une incroyable audace, que vingt jours avant la bataille de Hastenbeck, il connaissait la digrâce du maréchal d'Estrées au profit du maréchal de Richelieu.

Le mémoire, d'abord secret, fut présenté seulement au roi ; puis on en tira des copies qu'on fit distribuer sous le manteau. Par une aberration d'esprit encore plus singulière que l'invention de ce mémoire, le maréchal de Maillebois, père du comte, porta lui-même une de ces copies au marquis de Puyzieulx, beau-père du maréchal d'Estrées, en le priant d'inviter son gendre à reconnaître la vérité des faits qui y étaient allégués. Naturellement le maréchal d'Estrées s'y refusa, et bientôt poussé à bout par la publicité que recevait de plus en plus le libelle et par l'aveu qu'en vint faire, au nom de son fils, le maréchal de Maillebois devant le tribunal des maréchaux de France, le vainqueur de Hastenbeck présenta au roi, sous le litre à! Éclarrcissemeiits, une réponse noble, simple, modérée, mais écrasante par l'accumulation et l'évidence des faits relatifs à sa propre conduite et à celle du comte de Maillebois. Ce ne fut pas tout ; le maréchal de Belle-Isle, ministre de la guerre, en exa-

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