HÉSITATION ET RETARDS
ration quand les circonstances l'exigent; que la perte de Wesel pouvoil entraîner tous ces malheurs, d'où résultoit la nécessité de le conserver et de perdre en même temps et détruire l'armée de M. le prince Ferdinand ; enfin toutes les suites en bien et en mal des deux partis contraires. Mais la force de nos raisons h M. l'abbé de Bernis et à moi a diminué des trois quarts par la lettre que m'-a apportée le courrier de M, le comte de Clermont... De tout cela il résulte, joint à la détermination du roi, qu'il faut a])andonner cette dernière idée qui me plaisoit fort et laisser suivre à M. le prince de Soubise sa première destination pour marcher en Bohême, à la seule différence qu'au lieu de mettre la tète de son armée en mouvement le 20, il ne la fera marcher que du 23 au 30. Pendant cet intervalle, nous aurons vraisemblablement quelque dénoùment à l'armée de M. le comte de Clermont, qui nous laisseroit encore le temps, s'il étoit malheureux, d'arrêter le corps de M. de Soubise (1). »
La lettre par laquelle le comte de Clermont venait de fournir, sans s'en douter, des arguments au roi avait
(1) Bcllo-I^lo à Duvcrney. 19.jiiin. Pap. Clermont, I7j8, t. IV, WGl. — Le projet tiié par le roi fui rcssuscilO par Pàris-Duvcrney qui le reprit pour sou compte et en démoulra l'importance dans des noies datées du 22 juin et qu'il porta le lendemain à Versailles. Le maréchal de Bclle-Isle luiécrivil le 25 juin : <• J'ai rendu compte hier au roi, monsieur, du résultat de notre conférence de la veille avec M. labb,'; de Bernis. Sa Majesté, (juoique à regret, a consenti au changement de destination de l'armée de M. le prince de Soubise et a approuvé tout le projet dont nous sommes convenus.» On eut le lendemain seulement la première nouvelle de la bataille de Crefcld, livrée et perdue le 23. Les noies autographes de Pâris-Duverney se trouvent sous le n" 89 cl la letlre du maréchal de Belie-Isle sous Icn" 112 du t. lY des papicrsde Clermont, 1758