RETRAITE DE L ARMÉE
été expédiée le 16 de Neiiss, et non plus de Rlieinberg. Le prince s'était donc retiré h plus de douze lieues en arrière de cette place de Wesel dont la possession lui semblait apparemment moins importante ou moins compromise qu'il ne paraissait au maréchal de Belle- Isle. En vérité, la conduite du comte de Glermont était bien difficile à justifier ou simplement h comprendre. Le 12 juin, il avait toutes ses forces rassemblées à Rheinberg, dans une position qu'il avait d'abord jugée bonne ; le prince Ferdinand était devant lui ; on s'était canonné toute la journée. Le lendemain, sous prétexte que le camp des Hanovriens n'offrait point de prise à une attaque favorable, le comie de iVIortaigne conseillait au comte de Glermont d'abandonner son poste où l'ennemi s'établissait tout de suite après son départ, de sorte que, selon la remarque du maréchal de Belle-Isle, c'était le prince Ferdinand qui, maître de Rheinberg, coupait désormais et totalement au comte de Glermont sa communication avec Wesel. De Rheinberg, l'armée française avait d'abord reculé jusqu'à Meurs; mais là ne se trouvait point encore le parfait champ de bataille ({ue réclamait le goût difficile du comte de Mortaigne ; pour le rencontrer, on continua de reculer jusqu'à Neuss.
LU
Toutes ces marches en arrière f;iisaient à la cour, dans l'armée, dans toute la France, l'effet le plus déplorable. « Votre Altesse Sérénissime connoit les François, écrivait au prince le maréchal de Belle-Isle ; ils oublient tous leurs maux quand ils voient qu'on les mène pour