RETRAITE DES FRANÇAIS SUR NEUSS
colonnes s'y en^ai^rrcnt sans (^onCiision, sans hâte même ; la cavalerie venait la dernii're. Le prince Ferdinand avait toutes ses forces rassemblées en deçà du landwehr ; cependant il ne suivait les Français ([u"à distance, l'artillerie seule continuant à tirer contre eux quelques salves. Les Hanovriens avaient reconnu les soldats de Hastenbeck.
On n'avait vu pendant la bataille, tous les témoignages sont d'accord sur ce i)oinl, ni traînards ni fuyards, aucun de ces déserteurs du combat qui vont sur les derrières d'une armée semer d'avance les mauvaises nouvelles. Les grenadiers de France et les grenadiers royaux faisaient l'arrière-garde ; ils passèrent la nuit auj)rès d'Osteradt pour donner à l'intendance le temps d'évacuer l'hôpital et les magasins qu'elle y avait établis. C'était là aussi que Fartillerie avait son attirail et ses parcs. Quand tout fut fait, lorsqu'il ne resta plus un trophée que l'ennemi pût joindre aux trois seules pièces de canon démontées qu'il avait fallu lui abandonner avec le champ de bataille, l'arrière-garde arriva à Neuss, le 24, à neuf heures du matin.
Le comte de Clermont y était depuis douze heures à peu près. De sa personne, il s'était parfaitement conduit pendant l'action, toujours au feu sur un point ou sur un autre, encourageant le soldat, mais incapable de lui donner une direction. C'est pourquoi le caustique marquis de Voyer, se moquant de lui comme d'un personnage inutile, résumait ainsi la journée du prince général en chef : « 11 est sûr que M. le comte de Clermont étoit à table dans son quartier général de Vischelen à une heure, qu'il avoit perdu la bataille avant six heures, qu'il étoit arrivé à Neuss à dix heures et