LE CAMP DE KOLIN ET PRAGUE
comte de Broun qui venait d'être nommé feid-marécbal et auquel son père avait souhaité qu'il servît d'aide de camp. Il y revit d'ailleurs l'empereur et l'impératrice qui vinrent visiter les troupes ; quarante-deux bataillons et vingt-deux escadrons étaient réunis à Kolin sous le commandement du comte de Broun ; il y avait en Moravie un autre rassemblement de vingt bataillons et de sept escadrons sous les ordres du prince Piccolomini (1). Après avoir passé douze ou treize jours au camp, le comte de Gisors s'empressa de retourner à Prague ; il y eût séjourné longtemps s'il eût été libre, mais la promesse qu'il avait faite au roi de Prusse de le rejoindre enSilésie, le força de s'arracher d'une ville où tout parlait à son esprit et à son cœur, à son patriotisme et à son orgueil filial.
Le chevalier de La Touche lui avait donné avis que le camp de Silésie était formé sous Breslau, et que le roi de Prusse y devait venir le 6 septembre (2). M. de Gisors y arriva le 9 au point du jour, ayant laissé derrière lui ses compagnons de voyage. A neuf heures et demie il se rendit à la cour; à dix heures le roi parut. Dès qu'il aperçut le jeune voyageur, il vint à lui, le prit par la
(1) Comte de Broun à Gisors, 12 février 17S1. — Belle-Isle au comte de Broun, 13 mars. — Comte de Broun à BelIe-Isle, 30 mars [3396, nos 403, 408, -409]. — Maréclial de Broun à Belle-Isie, 3 août [3391, n- 3i8i.
(2) La Touche à Gisors, 27 août 1754 [3391, n" 361].
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