‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 73 sur 277 · LA POLOGNE ET LA SUÈDE · texte numérisé non relu

LA POLOGNE ET LA SUÈDE

<( Vous avez assisté a une diète tumultueuse à Varsovie, lui écrivait le prince Henri de Prusse (1), et vous avez pu connoitre,en passant la mer, un sénat divisé et qui entretient cependant toujours la même division dans TÉtat, quoiqu'une soit pas actuellement assemblé. » Ce thème, le prince royal qui avait sur son frère Henri la supériorité d'un esprit sérieux et méditatif, le reprenait à son tour et le développait en politique philosophe et en observateur intéressé. « Je crois, écrivait-il au comte de Gisors(2), que vous trouverez plus de politesse dans les sociétés de Stockholm ([u'en celles de Varsovie, car la nation s'est dépouillée de la barbarie gothique à force de faire voyager et servir la jeune noblesse, surtout en France. Les nobles de Pologne voyagent rarement ; aussi, à ce que j'ai ouï dire, leurs plaisirs et fêtes doivent être souvent consacrés à Bacchus d'une façon crapuleuse.

(1) Voici le début de cette lettre, datée de Berlin, 5 janvier 1753 : « Vous prononcez un arrêt que je reçois avec peine, c'est d'assurer posilivenieut (jue Berlin n'est plus sur votre roule ; si mon pouvoir s'étendoit à régler votre marche, j'aimcrois bien ne le pas faire enregistrer; mais j'avoue à mes dépens (jue vous avez grande raison de préférer l'utilité de connaître des pays étrangers au plaisir passager de revoir (juelques amis, et la même obligation qui vous conduiroit ici vous attireroit partout ailleurs où vous avez été, sa hant de science certaine que vous vous êtes acquis un degré d'estime qui est un hommage (lu'on ne rend qu'au vrai mérite... » :3403, n» 3.]

(3) Voici également le début de ceUe lettre du prince Guillaume : « Berlin, i janvier 17oo. — Soyez persuadé, monsieur, que je ne confonds pas les lettres que je reçois du vulgaire, à l'occasion du changement de l'année, avec le souvenir des personnes que j'estime et dont je chéris l'amitié. Vous êtes dans ce cas, et je puis vous assurer que je regreUerois de vous avoir connu, si j'étois persuadé de ne vous revoir de ma vie et de ne plus recevoir de vos lettres... » [3403, n» -2.]

Page 1