‹ Le Comte de Gisors, 1732-1758Chapitre 91 sur 277 · ÉTATS-MAJORS · texte numérisé non relu

ÉTATS-MAJORS

d'Estrées, au chevalier de Chabo. Celui-ci n'était de fait que capitaine de cavalerie; mais il avait reçu en 1748 une patente de faveur qui lui donnait rang de mestre de camp. Cette sorte de grâce était, sinon exclusivement réservée, du moins attribuée le plus souvent aux officiers détachés dans les états-majors ; c'était par cette voie que M. de Crémille, par exemple, avait plus rapidement fait sa fortune militaire; aussi la liste des candidats à ces fonctions recherchées était-elle toujours nombreuse. A l'armée du bas Rhin, les chefs des trois étatsmajors avaient sous leurs ordres quarante aides et vingt surnuméraires.

Ce qui dépassait toute raison et toute mesure, c'était le personnel des officiers généraux : quarante-quatre lieutenants généraux, soixante et un maréchaux de camp, quatre-vingt-six brigadiers. Comme l'armée ne comprenait, en somme, que trente-six brigades, il y avait donc cinquante brigadiers dont le titre devenait purement nominal, et qui devaient se réduire à leurs fonctions de colonels ou de lieutenants-colonels. Quant aux lieutenants généraux et maréchaux de camp, la difficulté de les employer était bien plus embarrassante, car si les bataillons et les escadrons étaient réunis pour toute une campagne en brigades, celles-ci n'étaient point formées en divisions régulières ni permanentes. Il n'y avait dans l'ordre de bataille que sept parties distinctes : les deux ailes et le centre de la première ligne, les deux ailes et le centre de la seconde, la réserve. Lorsqu'à la tète de ces sept parties le général en chef avait placé les sept plus anciens lieutenants généraux, que pouvait-il faire des autres? 11 les distribuait un peu au hasard sur le front des lignes, et derrière eux les maréchaux de camp,

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