‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 104 sur 422 · RETOUR DU DUC DE NIVERNAIS · texte numérisé non relu

RETOUR DU DUC DE NIVERNAIS

de bontés et j'en serai toute ma vie reconnoissant*. » Frédéric l'eût volontiers gardé à Berlin, et de Versailles on souhaitait qu'il y demeurât le plus longtemps possible ; mais il était malade, mal satisfait de sa mission; il demanda qu'elle prît fin, et s'il resta jusqu'aux premiers jours du mois d'avril à son poste, ce fut pour attendre l'arrivée du marquis de Valory, à qui l'on fit reprendre ses anciennes fonctions d'ambassadeur. On savait M. de Valory agréable au roi de Prusse qu'on tenait à ménager jusqu'au bout, d'autant plus qu'il affectait de dire que son traité avec l'Angleterre n'était qu'un acte de pure précaution et dont la France n'avait pas de véritable souci à prendre. On voulait bien faire au moins semblant de le croire.

Le duc de Nivernais emportait pour son gendre les lettres les plus aimables, surtout du prince royal et du prince Henri de Prusse'*. Le comte de Gisors était allé, au commencement du mois de mars, célébrer à Vernon le douloureux « anniversaire d'un jour qui, lui écrivait M. de Bemstorf, a enlevé au monde un de ses plus grands ornements et à nous celle qui étoit née pour faire les délices de notre vie... Je reconnois en vous, ajoutait ce fidèle ami de madame de Belle-Isle, Théritier delà personne du monde que j'ai respectée et que j'ai admirée le plus ^. » En venant prier sur la tombe d'une mère dont les volontés ou les désirs avaient toujours servi de règle à sa conduite , le comte de Gisors était venu prendre des forces pour accomplir une grande

2. Guillaume de Prusse à Gisors , 28 mars. — Henri de Prusse à Gisors, 3 avril 17&C [3469, n»' 30-33].

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