‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 105 sur 422 · M. DE GISORS SE FAIT INOCULER · texte numérisé non relu

M. DE GISORS SE FAIT INOCULER

résolution depuis longtemps arrêtée dans son esprit, mais pour laquelle il n'avait pas obtenu sans difficulté le consentement de son père. Il voulait se faire inoculer. Sans la rupture avec TAngleterre, il serait allé à Londres se confier pour cette délicate opération aux soins et à l'amitié du docteur Maty. Il n'y avait guère que le duc d'Orléans qui l'eût encore subie en France. Elle fut faite à M. de Gisors, le 5 avril, par deux médecins anglais; elle réussit, et, quinze jours après, le patient entièrement rétiibli reprenait le cours de ses occupations habituelles *. «Je vous félicite avec transport, lui

1. « La r(?fle\ton qui Ta emporté sur toutes les autres (pour le consentement du maréchal de Belle-lsie) a été Tâge et la santé de M. de Gisors; un jeune homme de Tîngt-quatre ans, aus.'^i sage et aussi sen^é, qui n'a point gàlé son tempérament par les folies orlinaires à la jeu* nesse, et qui a mAme porté cette sagesse au delà de ce qui porte ce nom dans la jiMines^c corrompue, est en état de se décider par luimême et court moins de danger qu'un autre; d'ailleur:», l'habileté da médecin et du chirurgien qui ont offert de s'enrenner avec lui étoit encore une nou\elle raison. M. le maréchal a consulté srs amis; il a même pris la liberté d'en rendre compte au roi, et le roi a eu la bonté de lui dire que, s'il étoit à sa place, il laisseroit faire M. de Gisors, M. de Gi>ors, ayant obtenu le consentement de M. le maréchal, 8*est préparé pendml huit ou dfx jours ; il a loué une maison dans un fau* bourg ; il est allé s'y établir avec M. Kerpatry et M. Oslie et quelques personnes qui lui sont attachées. M. de Conflans, llls de M. d'Armentières, qui joint les grâces de la jeunesse à beaucoup d'esprit, et qui est ami de M. de Gisors, s'est enfermé avec lui pour lui t«'nir compagnie» L'inoculation a été faite, le 5 avril, en deux endroits ditTérents; il s'est passé plu.-iiHirs jours sans aucun effet sensible ; les petites plaies suppurolent et tous les symptômes étoient heureux, entre lesquels on a remarqué un engounlissement sous les bras; enfin la fièvre, l'insomnie, ragilalion ont précédé l'éruption qui n'est arrivée que le sixième ou septième jour. M. de Gisors a été assez malade jusqu'au moment de la suppuration, car dans ces petites Téroles la suppuration est sans aucun danger; la petite vérole a été assez abondante, mais de bonne qualité; mais tout est fini présentement [19 avril 1756]. » Mémoires du due de LuyneSf t. XV, p. 31-23.

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