‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 108 sur 422 · FRÉDÉRIC BRUSQUE LA GUERRE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC BRUSQUE LA GUERRE

ses alliances allemandes? On n'ignorait pas à Versailles qu'elle pressait avec plus de vivacité de jour en jour Frédéric II de mettre le feu aux poudres; mais Frédéric II continuait de protester de ses intentions pacifiques et Ton ne s'imaginait pas qu'il fut assez audacieux ou plutôt assez fou pour se jeter tète baissée dans une arène où il devait rencontrer les trois quarts de l'Europe contre lui. Quant à l'Autriche , elle se montrait d'une humeur modérée, point du tout agressive; la Russie ne se souciait pas d'entrer en action davantage. Ne pouvait-on pas espérer dès lors que l'Angleterre en serait pour ses frais de subsides et pour ses espérances de tumulte européen? Et si son duel avec la France pouvait être assez promptement tenniné par cinquante mille Français jetés sur le sol de la Grandetagne , les grands États de l'Europe n'y auraient donc assisté que comme des témoins armés, mais non pas comme des seconds mêlés de leur personne au combat.

Le vendredi 3 septembre 1756, le duc deLuynes écrivait dans son journal : a On dit que les troupes du roi de Prusse marchent; on ne dit point où elles vont.» C'était en effet une sm-prise que Frédéric II ménageait à l'Europe. En quelques jours la Saxe était envahie, Dresde occupé, l'Électeur bloqué dans le camp de Pirna. L'Autriche invoquée par lui réclama le concours de la France. La France n'hésita point. Dès le 8 septembre, les troupes qui devaient former le corps auxi-

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