DANGER DU TRAITE DE VERSAILLES
liaire promis par le traité de Versailles, reçurent l'ordre de s'assembler, partie à Metz, partie entre Schelestadt et Landau. Champagne, le régiment du comte de Gisors, tenait la tête des vingt-six bataillons destinés à passer en Allemagne. Toutefois ce grand zèle n'était que pour la montre; non point que la France voulût éluder ses engagements, elle se proposait de les étendre au contraire, mais en les modifiant à sa guise.
Entré au conseil, le 16 mai 1756, quinze jours après la conclusion du traité de Versailles, le maréchal de Belle-Isle n'était point gêné pour en signaler les erreurs. A dire vrai, les ministres de la guerre et des affaires étrangères n'étaient pas beaucoup plus gênés que le maréchal de Belle-Isle, car ni le comte d'Argenson ni M. Rouillé ne pouvaient en conscience accepter la responsabilité d'une œuvre qu'ils n'avaient guère connue que faite, et dont le roi, la marquise de Pompadour et l'abbé de Demis s'étaient d'abord réservé le secret. Il ne fallut rien de moins que la brusque agression du roi de Prusse et ses brusques suites pour faire éclater aux yeux prévenus de ses auteurs les périls du traité de Versailles. L'invasion de la Saxe les avait troublés; une bataille gagnée parle roi de Prusse sur le maréchal de Broun, qui marchait au secom*s des Saxons, les consterna*. Ces vingt-quatre mille hommes qu'on s'était flatté de montrer seulement, de garder chez soi ou tout auprès, dans les Pays-Bas par exemple, c'était en Moravie que l'impératrice vaincue les appelait. À cette distance, confondus dans la grande armée autrichienne, qu'y seraient-ils? Des auxiliaires ou des