LE MARQUIS DE PAULMY
secret de la politique ; c'était l'abbé de Bernis. Il y avait aussi un ministre de la guerre, le marquis de Paulmy ; mais s'il s'agissait d'opérations miliUiires, c'était au maréchal de Belle-Isle qu'il fallait s'adresser ; d'administration militaire, c'était à Paris Duvemey. Nonseulement le ministie le souffrait, mais il s'y prétait de bonne grâce, et d'autant mieux que par ce parfait détachement il savait se rendre agréable au roi. « Sa Majesté, écrivait-il i Duvemey, espère beaucoup que TOUS voudrez bien continuer à m'aider de vos avis et me mettre en état de lui rendre compte des mesures que vous penseriez qu^il seroit à propos de prendre ^ » n faut s'empresser de reconnaître que Durerney répondait par une sollicitude paternelle à la docilité du jeune ministre. « Je suis fort inquiet de la santé de M. de Paulmy, écrivait-il un jour à quelqu'un de leurs amis communs ; l'excôs du travail ne s'accorde guère avec une poitrine déHcate. Je l'aime, je lui suis attaché, parce qu'il me traite d'une façon qui ne me laisse rien à désirer, et vous savez que je suis sensible aux procédés *. » Il l'était en effet au delà de toute expression.
Chez Paris Duvemey, le juste sentiment d'une haute fortune conquise à force d'intelligence, la conscience légitime d'un mérite supérieur n'avaient point produit cette sérénité calme et satisfaite des grandes âmes ; il avait l'orgueil inquiet, défiant, irritable. Ce n'était point un de ces enrichis vulgaires, Turcarets ou Mon-
t. 27 mai 1757. Ck)iTeflpoiidAii6e de DaTerney et de Paolmy, 1. 1*** \Mu, D, G. Supplément,]
2. DuTernej aa marquis Dumesnll, 25 octobre 1757. Correfp«n* ëance de Dufernej et de DameanlL [Mu, D, (r. SuppUmiut.]