ET OFFICIERS GENERAUX
eux les maréchaux de camp, encore plus inutiles et gê-. nants, puisqu'ils étaient plus nombreux et sans commandement défiui. Par exemple, dans Tarmée du maréchal d'Estrées, la première ligne étant flanquée sur chacune de ses deux ailes d'une brigade de dragons, la brigade de droite avait l'honneur embarrassant d'avoir à sa tête, outre son brigadier, trois lieutenants-généraux et trois maréchaux de camp.
Il est vrai que l'ordre de bataille n'était que pour les jours de bataille. Dans les marches, il se formait, suivant les circonstances, des divisions temporaires et accidentelles qui étaient confiées à tels ou tels officiers généraux; il y avait aussi des corps séparés, des détachements plus ou moins considérables , et c'était le choix du général en chef qui en réglait les commandements, à moins toutefois qu'il n'y eût des dispositions expresses de la cour; c'est ainsi qu'il avait été décidé que le prince de Soubise aurait, sous l'autorité supérieure du maréchal d'Estrées, un corps à part, organisé comme une petite armée, avec ses états-majors et ses services administratifs. Pour le gros des troupes, dans les marches et les campements ordinaires, chacun des lieutenants-généraux et des maréchaux de camp présents au quartier général avait, suivant l'ancienneté, son tour de service ; c'était ce qu'on appelait le roulement; mais ce n'était qu'une affaire de vingt-quatre heures, et c'est tout au plus si, dans tout le cours d'une campagne, chaque officier général pouvait être cinq ou six fois de jour. Comment, avec ce défilé bizarre, les troupes pouvaient-elles connaître les chefs et prendre confiance en eux? Comment, de leur côté, les chefs pouvaient-ils connaître les troupes, les manier et les