‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 139 sur 422 · Gifion à BeUe-Ule, 6, 11 et 19 mai · texte numérisé non relu

Gifion à BeUe-Ule, 6, 11 et 19 mai

quand on a pu une fois gagner son estime et sa confiance... Je suis bien persuadé de toute la volonté et activité de votre général pour marcher en avant. Vous pouvez lui dire que, si j'en avois été cru, on lui auroit fait descendre par le Uhin un million de rations de fourrage. La Sarre, les Évéchés et le pays de Trêves regorgent de foin. Il n'est rien que je n'aie dit et fait pour cela. Mais en même temps j'ai pensé qu'il étoit impossible de soutenir la guerre en faisant des marchés chez les princes d'Allemagne où tout doit être exigé par imposition; bien entendu qu'il faut se faire obéir. Mais à présent que vous voilà en mouvement, cela ne doit pas empêcher que Ton ne fasse descendre des fourrages de la Moselle et c'est sur quoi je ne cesserai d'insister*, »

Le régiment de Champagne avait enfin rejoint le gros de l'armée. Après avoir, d'après les ordres du maréchal, surveillé l'établissement d'un pont de bateaux à Dusseldorf avec double tête sur les deux rives du Rhin, le comte de Gisors était arrivé au camp sous Wesel, le 10 mai. A quelques jours de là on recevait la nouvelle d'une victoire remportée le 6, devant Prague, sur le prince Charles de LoiTaine par le roi de Prusse. Parmi les jeunes officiers et les soldats chez qui les Autrichiens n'étaient pas en grande estime , on n'était point trop fâché. Tant mieux, se disait-on, il n'y a que

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