OPINION ET CONSEILS
chai , ajoutait-il quinze jours après, à qui je n'ai pas laissé ignorer le désir ardent que vous aviez qu'il marchât plus tôt que plus tard, est fâché que vous ne soyez pas totalement persuadé de l'impossibilité où il est, par le défaut de subsistances, d'exécuter ce qu'il souhaiteroit autant que vous, et s'est plaint à moi, en confidence, de ce qu'on s'est opposé à la formation des magasins que l'intendant vouloit établir par voie d'achats; celle des impositions que vous avez préférée n'a produit encore à Munster que soixante-dix mille rations'. »
Le maréchal de Belle-Isle avait trop étudié, vu et fait la guerre, il avait trop de sens et de pratique pour s'entêter dans une théorie bonne en soi, mais que l'événement venait contredire, et sans la répudier en principe, il donnait par le fait raison à l'expérience du maréchal d'Estrées contre les systèmes de Paris Duverney. « Je comprends mieux qu'un autre, répondait-il à son fils, toute l'étendue de l'embarras de M. le maréchal d'Estrées par rapport aux subsistances. Il est dans le cas où il faut forcer nature, passer par-dessus toute sorte de considérations particulières, et imaginer toute sorte d'expédients qui sont rarement trouvés par tout autre que celui sur qui roule la besogne. C'est là le cas où il faut laisser en arrière pour un temps les équipages de tout le monde et faire marcher les officiers d'infanterie à pied. Il faut leur faire regagner cette incommodité par de bons traitements pécuniaires. Nécessité u a point de loi ; il y a des cas forcés que l'on fait entendre à notre nation plus qu'à aucune autre ,