ET PARIS DUVERNEY
faites pour le changement de ma destination , vous ne vous seriez pas opposé si fortement à l'envie que M. de Richelieu a de m'avoir avec lui. Comme il est impossible à une âme comme la vôtre de se conduire par d autres motifs que ceux du bien général, vous avez désiré que je restasse ici, parce que vous m y avez cru utile ; vous m'avez même fait l'honneur de m'y croire indispensablement nécessaire , et je n'ai à cela que deux choses à répondre : l'une que non-seulement je n'ai jamais la liberté de faire le bien, mais que souvent je n'ai pas le crédit d'empêcher le mal ; l'autre qu'en m'attachant aussi étroitement à cette besogne, vous m'attachez nécessairement aux fautes dont je ne peux pas répondre et au blâme que beaucoup de gens seront empressés de me faire partager... Si j'avois dit aussi décisivement qu'un autre que je ne voulois point la place que j'occupe, on ne m'auroit pas forcé à la prendre, et j'aurois aujourd'hui la liberté et l'avantage de me trouver avec un général qui est capable de faire beaucoup de bien à l'État et beaucoup d'honneur à ceux qui le servent bien. Au lieu de me trouver dans une situation que j'aurois éprouvée sans rien forcer, je me suis exposé par complaisance à compromettre mes talents et à partager les sottises d'un caractère indocile et j'ose dire incapable... J'aurois demandé à quitter ma place, si je n'avois pas craint de faire tort au maréchal d'Estrées. J'ai des témoins de cet excès de prudence et de probité; mais j'avoue que je trouvois de la consolation à penser que je pouvois sortir d'ici honnêtement, sans manquer au service du roi ni à un général dont je n'ai point à me plaindre comme particulier , mais dont j'ai beaucoup à me plaindre sur