IMPATIENCE DO COMTE DE GISORS
faisoit rien du régiment de Champagne, écrivait-il à son père, m'a répondu avec beaucoup de bonté qu'il me gardoit comme la prunelle de son œil , et m'a confirmé que M. de Ghevert ne feroit aucune besogne qui m'occasionnât des regrets. Celui, selon toute apparence, qui en fera le plus sera M. d'Armentières avec la réserve; mais je ne crois pas qu'on ait le projet de l'augmenter... Navarre et Champagne demeureront pour couvrir le quartier général, sort le plus ennuyeux qu'on puisse avoir et qui entraîne beaucoup plus de dépense pour l'officier, qui, dans un pareil voisinage, paye tout fort cher, » Le maréchal de Belle-lsle s'appliquait à calmer la généreuse impatience de son fils. « Je loue, lui répondait-il , votre vivacité pour que le régiment de Champagne soit employé à quelque chose et surtout avec M. de Chevert ; mais vous savez bien que des corps qui font la tôte de l'infanterie restent presque toujours avec le général, et vous devez compter et moi aussi sur l'amitié et les attentions du maréchal d'Estrées. Je suis bien persuadé de toute l'amitié et bonne volonté de M. d'Armentières, mais, excepté M. de Chevert, je vous aime beaucoup mieux au gros de l'armée... Vous devez être certain que le maréchal d'Estrées sera toujours très-occupé de vous et de votre régiment, et que les différents détachements que vous voyez en mouvement ne sont que pour des diversions, et que, s'il se passe quelque chose de sérieux, M. le maréchal d'Estrées, comme de raison, y sera le principal acteur * . »
Tout le monde d'ailleurs rendait justice au zèle du