‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 166 sur 422 · PASSAGE DU WESER · texte numérisé non relu

PASSAGE DU WESER

d'en construire à lloxter; mais cette construction, pour laquelle il fallait faire venir des briques qu'on ne trouvait point dans le pays, aurait exigé plus de quinze jours. C'était le cas où il fallait forcer nature, selon le mot du maréchal de Belle-Isle. Le général en chef pressa tellement le munitionnaire qu'il finit par déclarer que si l'intendant voulait doubler ses moyens de transport, il promettait de porter de Paderborn jusqu'à llamelen le pain de l'armée. Le problème ne fut ainsi résolu que le 17 juillet ^ Cependant, dès la veille, l'armée avait passé le Weser, la cavalerie à gué, l'infanterie et l'artillerie sur trois ponts jetés à Coryey même et à Tonnenburg, vers la gauche du camp. Elle prit position à Iloltzminden.

Le 15, le maréchal d'Estrées avait poussé lui-même une reconnaissance sur la rive droite du Weser jusqu'à six lieues de Hoxter. Il était revenu peu satisfait de ce qu'il avait vu : un pays couvert, inégal, difficile, rarement assez élargi par les sinuosités du fleuve pour mériter le nom de plaine, le plus souvent restreint par le rapprochement des montagnes à n'être plus qu'un défilé, les montagnes elles-mêmes couvertes de bois épais, fréquemment coupées de ravins, quelquefois de gorges étroites qui de l'autre côté de la chaîne débouchaient sur le grand chemin de Gottingue à Hanovre, en un mot un pays de chicane et fait pour la défense^. Fallait-il, en suivant le Weser, cheminer directement,

1 . Éclaircissements présentés aa roi par le maréchal d'Estrées, Paris, 1758, in-4«.

2. Gisors à Belle-îsie , 15 juillet [3435]. — Journal hanovrien de la campafjne, du 13 Juin au 70 juillet. [Archivée du Dépôt dr la Guerre, Mémoires,]

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mais pénil)lement sur lIamelen?Yalait-il mieux se jeter dans les montagnes, traverser la forêt de Solingen qu'(Ki avait devant soi, tomber sur le grand chemin à Eimbeek, et par une menace sur Hanovre cuntiaindre Tennemi à s'éloigner lui-même du Weser? u Tous les aidt»s maréchaux des logis sont en course pour reconnoltre des marches sur notre droite, écrivait (iisors au maréchal de Delle-lsle; jamais pays n'a été, je crois, moins connu, ni projets plus incertdns que les nôtres. Quelque chose qui arrive, vous serez bien aise de savoir du moins quenlin, par le nouvel ordre de bataille, M. de Chevert est attaché à la division de Champagne. Nous sommes sûrs, moyennant cela, de faire de la bonne besogne à notre gauche et d'être détachés avec lui si on le détache. Au reste, soyez sûr que désormais je ne demanderai plus rien, m'en rapportant lintièrement à M. le maréchal. Il a assez d'autres importunités sans les miennes, et est bien à planidre de toutes les tracasi^eries dont on Taccable *. » Depuis le 12, le comte de Maillebois avait rejoint le maréchal d'Estrées.

S'il y avait des tracasseries au quartier général français, le camp hanovrien n'était pas dans une agitation moindre. La bataille de Chotzemitz y avait tout mis en rumeur; bien loin d espérer désormais quelques renforts du roi de Prusse, il fallait s'attendre au rappel des six bataillons qu'il avait prêtés d'abord à l'armée hanovrienne, et qui, en effet, partirent le i 3 juillet pour Magdebourg. A ce premier mécompte était venue se joindre la nouvelle inattendue que les Français avaient passé le haut Weser; dès lors le désarroi fut au comble. C'était

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