‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 165 sur 422 · LE COMTE DE LIPPE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE LIPPE

pu s'empôcher de plaindre le comte de Lippe, un de ces pauvres princes allemands alliés des Français et que les Français ne ménageaient guère; jamais, avant leur entrée, il n'y avait eu Tespoir d'une plus belle et plus abondante moisson; eux passés, il n'en restait plus que le regret. <c II me fait une vraie pitié, disait-il du comte de Lippe, d'autant qu'il se conduit à merveille et tient les meilleurs propos du monde en voyant dévaster son pays. » Cet infortuné souverain, dont la fortune, dérangée par ses pères, se réduisait à cinquante mille écus de rente, vivait comme, un ermite dans un coin de son vaste château de Detmold; au moins avait-il pour consolation la compagnie d'une femme charmante; mais les malheurs de la guerre l'avaient forcé de s'en séparer, et sur ses cinquante mille écus, il fallait qu'il entretint un contingent de trois cents hommes qu'il devait à ses puissants alliés d'Autriche et de France*.

Enfin, le 12 juillet, l'armée se trouva réunie au camp de Corvey. Des difficultés relatives aux subsistances l'y retinrent pendant trois jours. Le munitionnaire avait déclaré au général en chef et à l'intendant qu'il était hors d'état de transporter le pain à plus de quinze lieues de ses fours; or, comme il y avait vingt-deux lieues de Paderbom, où étaient les fours , jusqu'à Hamelen, oii le maréchal avait l'ordre formel d'entrer de gré ou de force, l'armée aurait donc été, faute de pain, obligée de s'arrêter à sept lieues en deçà de sou objectif. Il était absolument nécessaire d'avoir des fours plus rapprochés, le maréchal donna Tordre

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