Journal Aanovrien, 9 Juillel
208 CRITIQUES DU CoMTE DE MAILLEBOIS
pût en ou\Tir aux Français les abords. Cependant le 17, dans une lettre particulière adressée au marquis de Paulmy son beau-frère, le comte de Maillebois parlant des difficultés du terrain disait avec une singulière assurance : « C'est un pays où il falloit passer comme chat sur braise et profiter des marches que nous avions gagnées pour porter rapidement un corps devant Hamelen ; par une suite de nos mauvais principes, nous allons donner à nos mouvements une lenteur et une importance qui peut être nuisible... Ainsi on m'a réduit à mettre tout Fart des marches et des campements en usage *. »
C'était par une telle légèreté que le comte de Maillebois, grand faiseur de projets séduisants à première vue, gâtait ses talents militaires, et quand le maréchal d'Estrées, qui ne se payait pas de belles paroles, avait mis le doigt sur le point faible des brillants projets de son chef d'état-major, celui-ci s'était vengé de son général en traçant d'un crayon spirituel et méchant de prétendus portraits qui faisaient la joie de son beaufrère le ministre. En voici des traits : a Sa tête s'échaufiFe, il souffre, il croit manquer de subsistances, de fourrages, d'artillerie. Quand je lui montre la possibilité d'assurer ces parties de son service, il dit que je vois tout couleur de rose; pour lui , il ne voit qu'en noir, mais plus souvent il ne voit pas. Il s'assomme de détails, fait la besogne de tout le monde excepté la sienne. Il est malgré lui intendant, munitionnaire, major général , général de Tartillerie, politique, et il l'est si exactement qu'il n'a pas le temps d'être général. Il ajoute à tout cela de