‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 190 sur 422 · M. DE GISORS ENVOYE A COMPIEGNE · texte numérisé non relu

M. DE GISORS ENVOYE A COMPIEGNE

et mille trente-huit soldats tués, de cent dix-huit officiers et de onze cent cinquante-neuf soldats blessés. A juger de la bataille de Hastenbeck par ses suites, elle a été une des actions décisives qu'on ait vues ; à juger par les seuls incidents de la journée même, elle n'a donné au maréchal d'Estrées qu'une victoire incomplète. « Le vrai et très-vrai, disait pour conclure M. de Maillebois, c*est que Picardie, Navarre et la Marine ont gagné la bataille, et que la brigade d'Eu Ta dérangée ^ » C'est à merveille, mais pour être tout à fait exact et complet, à côté de la brigade d'Eu M. de Maillebois aurait dû se placer lui-même ; car il avait donné un bien regrettable avis au maréchal. « Malheureusement , écrivait-il à son beau-frère, je l'avois averti de ce qui se passoit à la droite. » L'aveu est bon à recueillir.

Le soir même et sur le champ de bataille, le maréchal d'Estrées écrivait au roi et au marquis de Paulmy ; à celui-ci ces trois lignes : « Je ne puis , monsieur , vous rendre compte de ce qui s'est passé aujourd'hui qu'en vous priant de remettre cette lettre au roi. M. le comte de Gisors, qui vous la remettra, vous rendra compte du reste de l'action *. »

Quand M. de Gisors arriva, le 31 juillet, à Compiègne où était la cour, le général qu'il avait laissé sur le champ de bataille vainqueur n'était plus celui qui commandait

1. Maillebois à Paulmy, 27 juillet [3436, n» 119, IS^"]. 3. [3436, no 108. |

RAPPEL DU XARECHAL DESTREBS. ^7

l'armée; Q ne Tétait déjà plus, pour ainsi din^, le jour de 5a victoire, car sa victoire était du 26, et le 23» ordre lui avait été dépéché de remettre le comm;mdemeDt au maréchal de Richelieu. Les deux nouvelles, le nippel el la \ictoire, s'étaient crtiisées eu route, et presque eu même temps elles arrivaient toutes deux à leur adresse. Outl coup de théâtre ! Et comme le secret avait été bien gardé! Jusqu'au 23, neuf personnes seulement y avaient eu part , huit à la cour, le roi , madame de Pompadour, le marquis de Paulmy, Tabbé de Bernis, Richelieu, Crémille, Duvemey, Montmartel; une seule à Tannée, )Iaillebois.

L'auteur et le chef de ce complot, c'était Duvemey ; c'était dans son esprit vindicatif qu il avait pris naissance, mûri et abouti; les autres n'étaient que des complices. Mécontent de lui-même, irrité des justes reproches que lui faisait le maréchal d'Esliws à court de subsistances, Duvemev cherchait Toccasion de se venger : la bataille de Prague et ses suites la lui fourniivnt. L'impératrice réclamait un secours prompt, eflicace, plus prompt et plus efficace que ne lui en avait donné, que ne pouvait lui en donner cette lente et lourde armée du bas Rhin. Le 29 mai, Duvemev avait euvové au marquis de Paulmy un mémoh*e pour former sur le haut Rhin une nouvelle armée de quarante mille hommes. Quatre jours après, le 2 juin, il en produisait un autre déjà plus explicite. Il y avait un faux et un vrai projet : le faux donnait à entendre que la nouvelle lu*mée était destinée à marcher par la vallée du Mein sur le haut Danube ; c'était celui qui devait être discuté au conseil, devant le maréchal de Belle-Isle, et communiqué au comte de Stahrenberg, ambassadeur de Timpé-

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