A Compiègne où était la cour ; Duvemey était à Paris
DU MARECHAL D'£STRÉE8. S47
m'en effrayer, et trop ami du bien pour cesser de le faire dans toutes les occasions que j'en aurai. Ce sera, comme vous le dites, la sensation d'un moment '. »
Duverney, selon son habitude, aurait bien voulu se tirer d'embarras pour son propre compte et sans trop s'inquiéter des autres; mais il avait beau faire; cet essai d'évasion morale n'était point favorisé par le public, qui le tenait justement pour l'auteur, le chef et l'acteur principal do l'intrigue. C'était à lui qu'on s'en prenait et qu'on s'adressait. « Eh bien! monsieur, lui écrivait l'intendant, M. de Lucé, sera-t-on content? Le maréchal a donné bataille , il l'a gagnée, il a pris Hamelen... Je vous assure que le changement, dans les circonstances présentes, fera un effet prodigieux dans .l'armée, je crois à la cour, et vraisemblablement dans toute l'fiurope *. » A quoi Duverney répondait doucement : a II est vrai, monsieur, que M. le maréchal d'Estrées a bien avancé nos affaires dans le pays où vous êtes. Il n'a dû emporter avec lui que le regret d'avoir été arrêté dans l'action par de faux avis. Mais c'est une chose faite, à laquelle il ne faut plus penser que pour plaindre M. le maréchal des circonstances qui ont donné lieu au changement survenu dans le commandement de l'armée ^ »
Avec des correspondants discrets, mesurés, délicats, comme M. de Lucé, laissant entendre les choses quHls ne voulaient pas brutalement dire, Duverney n'était pas trop en peine ; mais il y en avait d'impitoyables.
1. De Paris, 2 août. Correspondance Duverney-Maillebol», n<* 27.
2. 2 août Pap. Clermont, 1757, t. I, n» 140. 8. 13 août. Pap. Clerrooot, 1757, I. I. n» 141.