‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 201 sur 422 · DU CHEVALIER DE CHABO · texte numérisé non relu

DU CHEVALIER DE CHABO

remmeiit, et j'aurois voulu lui inspirer le plus grand flegme sur les aiguillons que les critiques de sa conduite n'ont cessé de lui faire sentir. Heureusement qu'il s'étoit attendu à rencontrer ce genre d'ennemis et qu'il s'en est préservé; il n'a pris conseil que des principes qu'il s'étoit faits, et, sans s'en écarter d'une minute, il n'a cessé de cheminer vers son but et y est parvenu, malgré les ennemis ouverts et cachés : il a surmonté les difficultés suscitées par les uns et écarté les pièges que d'autres lui avoient préparés. Il a suivi de point en point vos anciennes maximes et il a réussi. La cour lui fait un crime d'avoir bien vu et de n'avoir dissimulé aucune des difficultés réelles qu'il rencontroit, et dès le premier jour, vous qui voyez clair, avez dû voir qu'il mandoit : « Il sera difficile que je puisse marcher le 10, » mais qu'il marchoit dès le 9... Il est vrai qu'à la cour on aime mieux celui qui dit d'avance : je ferai , et qui ne fait rien, que celui qui dit : je crains de ne pouvoir, et qui fait. Il y a toujours deux courriers de satisfaction frivole contre un de certitude, et deux, selon le calcul de ce pays-là, valent mieux qu'un. Je souhaite pour la patrie qui m'est chère et pour vous à qui elle le fut toujours, que celui qui remplace le grand homme vous tienne parole et pousse aussi loin les suites de notre victoire, depuis son arrivée, que la seule réputation de nos armes les a poussées dans six jours... Avez-vous vu souvent des victoires dont les suites fussent plus brillantes ou plus utiles?... Après Hastenbeck, cinq places fortifiées, à trente lieues à la ronde, capitulent par la seule terreur qu'inspire une armée bien conduite et qui n'a fait aucune faute, pas même de présomption, pendant la campagne... Je ne suis pas étonné que des ar-

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