‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 203 sur 422 · EMBARRAS DE M. DE MAILLEB0I · texte numérisé non relu

EMBARRAS DE M. DE MAILLEB0I

Telle était, à Paris, la situation de Duverney; M. de Mailleboîs, à rarmée, souffrait pis encore. Quelques jours après la bataille, à Tordre, de\ant tous les officier» généraux , il était venu dire au maréchal d'Estrées : « On répand dans l'armée que je vous ai envoyé à dessein , et pour vous faire perdre la bataille, l'avis que vous étiez tourné; je vous prie de vouloir bien vous expliquer sur une vérité si importante pour ma justification, i» — « M. de Puységur, lui avait répondu le maréchal, est venu de voire part me dire : « M. de Mailleboîs « vous mande qu'il n'y a rien de si pressé que de lui « envoyer deux brigades de cavalerie et deux d'infana tcrie, parce qu'il y a de la cavalerie et de l'infanterie a ennemie qui tournent par l'extrémité du bois, n Comment voulez-vous que je puisse croire que vous soyez capable de m'avoir donné cet avis dans la vue de me faire perdre la bataille? Une telle idée s'accorde peu avec la confiance que j'ai mise en vous*. » Quelle accablante réponse ! Et comme un emportement du maréchal eût mieux valu pour M. de Maillebois que ce calme !

L'attitude que le général disgracié avait eue dans cette scène, il l'avait d'abord prise et il la garda jus* qu'au bout, naturellement, sans effort. Ceux qui doutaient de son esprit et de ses talents militaires ne pouvaient contester au moins qu'il eût l'àme grande. A la

1. lîdalreluementf présentés au roi par le maréchal d'Estrées. Pari*. 1758, ln-4», p. 21-22.

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