MARCHE VERS LA MER DU NORD
Le 22 août, le maréchal quitta le camp sous Hanovre pour aller chercher le duc de Cumberland qui s'était retiré à Yerden, au nord de TAUer. A gauche et à Tavant-garde, le marquis ^'Armentières qui avait pris possession de Nienburg, suivait la rive droite duWeser. A la même hauteur, la réserve du duc de Broglie éclairait sur la droite la marche de l'armée.
Un corps de 6,000 Ilanovriens aux ordres du généralmajor dellardenberg, posièà Rethem comme pour garder le passage de TAller, se replia le 24, à la seule vue des troupes du duc de Broglie. Le lendemain, Tarmée française campait à Rethem et quatre jours après à Yerden, sur le terrain même qu'avaient occupé les Ilanovriens et d'où ils s'étaient retirés, le 24, pour prendre en arrière, entre Ottersberg et Rotenburg, sur le chemin de Stade, une position que les marais de la Wumme rendaient militairement excellente.
En se rapprochant de la mer du Nord, la guerre avait atteint cette vaste et triste région de bruyères qui s'étend du Weser à l'Elbe, et dont, à la moindre crue de l'un ou de l'autre, le sol bas, plat, spongieux, disparaît à perte de vue sous une inondation dange reuse quoique sans profondeur. Un orage, une journée de pluie suffisent même pour noyer une grande étendue de terrain. Le jour qu'elle était arrivée à Rethem, l'armée en avait fait la redoutable épreuve. Le vent passant sur ces plaines sans obstacle, y avait, comme sur la mer, déchaîné la tempête ; les tentes disparaissaient déchirées en lambeaux ou enlevées tout d'une pièce ; dans tout le régiment de Champagne, il n'y en eut que deux qui résistèrent. La pluie tombait par torrents ; en quelques minutes, les hommes s'étaient