‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 211 sur 422 · DISCORDE DANS L'ARMÉE · texte numérisé non relu

DISCORDE DANS L'ARMÉE

trouvés dans l'eau jusqu'aux genoux; presque tous avaient été renversés, roulés, culbutés , quelques-uns emportés et noyés dans l'Aller. Beaucoup de chevaux étaient morts*.

L'armée avait donc de bonnes raisons pour être peu satisfaite de ce pays ; du moins était-il à souhait pour ceux qui, comme le comte de Gisors, désiraient, s'il devait y avoir bataille, un champ plus ouvert et moins couvert que le teiTain de Hastenbeck. « C'est afin que chacun montre aux yeux du public ce qu'il sait faire, écrivait M. de Gisors au maréchal de Belle-Isle, et que de l'obscurité des lieux il ne naisse pas encore des disputes pareilles à celles qui nous déchirent depuis un mois. M. de Chevert, que ces disputes ont absolument dégoûté, vous prie de vouloir bien faire lire la lettre qu'il vous a écrite à Mme de Pompadour, et vous seroit obligé de m'envoyer à moi un des factums de M. de Lorge, pour qu'il puisse se justifier article par article^.» M. de Gisors n'avait que trop raison : la discorde était devenue en quelque sorte la loi de l'armée.

Le 30 août, un fort détachement , aux ordres du marqm's de Monteynard, était parti pour reconnaître les positions de l'ennemi à Rotenburg. Les abords en étaient difficiles, car il n'y avait, pour s'en approcher, qu'une chaussée étroite et bordée de marais. A voir de loin la longue ligne de tentes qui se développait au delà de la Wumrae, il semblait que l'armée hanovrienne fût là tout entière ; cependant elle avait décampé le 28 pour se replier par Closter-Zeven sur Bremerworde, sa dernière étape avant Stade. Le marquis

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