‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 223 sur 422 · DUMESNIL ET PARIS DUVERNEY. Î · texte numérisé non relu

DUMESNIL ET PARIS DUVERNEY. Î

OÙ VOUS réduisez le cœur et Tesprit du maréchal, puisqu'il pense que vous êtes fâché contre lui... L'ambition et la gloire ne prévalent pas sur la satisfaction des devoirs que sa reconnoissance impose à son cœur, et vous mettez le sien dans un état qui peut être préjudiciable au bien du service et à la gloire des armes du roi*. » Sur la question de sentiment, Duvemey ne demeura pas en reste : a La lettre de M. le maréchal et la vôtre, répondit-il à Dumesnil, m'ont attendri jusqu'aux larmes ; elles sont pour mon cœur des monuments précieux que rien ne pourra en effacer^. » Mais sur le fond même de la querelle, sur les différences d'opinion, sur l'histoire du pain et du fourrage, comme disait M. de Richelieu, chacun restait sur son terrain. Duvemey avait dit : c( Point d'entrepreneurs ; les troupes doivent aller chercher les subsistances où elles sont. — Les positions militaires sont décisives, avait rétorqué M. de Richelieu ; c'est aux subsistances d'aller chercher les troupes, et si vous ne voulez pas d'entrepreneurs,il n'y a qu'à s'en aller, car le pays que nous occupons ne fournit rien. Je suis sur les lieux, je vois, et le bon sens avec des yeux suffit. — Non certes, avait répondu aigrement Duverney ; je ne crois pas que les yeux suffisent toujours; sans quoi il n'y auroit aucune différence entre l'homme qui a de Texpérience et celui qui n'en a pas'. » Un mois après ils n'avaient cédé ni l'un ni l'autre; le ton de Richelieu devenait hautain et sec. «Mon amitié, disait-il, sera plus forte, mon cher Duvemey, que la dureté avec

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