‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 222 sur 422 · LE MARÉCHAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE RICHELIEU

fois ému, familier, touchant. « Il me vient d'arriver un courrier, mon cher Duverney, qui me déchire le cœur... Il faut absolument que quelque diable se soit mêlé de cette affaire... Un cœur comme le vôtre et comme le mien ne doivent point souffrir d'altération pour des malentendus, et votre esprit est trop élevé et trop juste pour condamner à une telle peine des méprises et abandonner votre ouvrage; car tout ceci vous appartient, je ne cesse de le penser et de le dire. Je vous dois trop et suis trop content de vous devoir pour cesser de le sentir et pour n'être pas pénétré de la plus vive douleur. Je ne raisonne plus, je sens seulement et je souffre*. y> Il ne faisait qu'effleurer ; Dumesnil, son second, était chargé d'appuyer, d'insister, de faire passer en un mot tout ce qu'il ne convenait pas à Richelieu de dire.

Dumesnil se mit d'abord sur le pathétique : « M. le maréchal m'a paru pénétré de douleur h la lecture de votre lettre; son cœur est en souffrance d'imaginer que le vôtre n'est pas content de lui, et il regarderoit comme un manque d'amitié de votre part si, dans un moment où il commande les armées par vos soins, vous preniez le parti d'abandonner la conduite et la direction d'un travail qui ne peut être confié qu'à vos talents et à votre expérience... Il est vivement touché des lettres qu'il vient de recevoir, et si vous en aviez été témoin, vous auriez été attendri, ainsi que de son premier mouvement en signant la glorieuse capitulation, puisqu'il s'écria : a Je suis persuadé que mon ami Duverney va « être bien aise! » Jugez donc, mon cher ami, de l'état

1 . Richelieu à DuTerney, 1 5 Beptembre. Correspondance imprimée 1. 1, p. 203.

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