M. DE GISORS A HANOVRE
à longues étapes, fatigua beaucoup les troupes, Tinfanterie surtout qui manquait de chaussures*.
En approchant de Hanovre, le comte de Gisors s'était promis de passer une journée dans cette ville. Ce n'était pas simplement une fantaisie de curieux ^ ; il y venait tirer vengeance d'une injure faite, il y avait tout à l'heure treize ans, à son père. Le 20 décembre 1744, le maréchal duc de Belle-Isle, prince du Saint-Empire, ambassadeur extraordinaire du roi de France, avait été tout à coup, dans le bourg d'Elbingerode, sous les yeux et avec l'aide du bailli, surpris et enlevé par une troupe hanovrienne. Conduit sur-le-champ à Hanovre, il y avait trouvé un homme que naguère, quand il éblouissait l'Allemagne de sa magnificence, il avait compté parmi ses courtisans les plus empressés à Francfort, le ministre de l'Électeur de Hanovre, le régent de l'Électorat, le bal'on de Mûnchhausen. C'était par les ordres de cet homme, violateur du droit des gens, qu'il avait été surpris à Elbingerode ; ce fut par ses ordres que,
1. Gisors à Beile-Isle , du camp de Stocken (près de Hanovre),
17 septembre 1757. h Nos marches ont été très- fortes et ont
renvoyé à l'hôpital tons les soldats qui nous étoient rentrés. Hier, ce qui ne m'étoit pas encore arrivé, j'avois 04 hommes aux convalescents que je compte laisser à Hanovre. Il y en a beaucoup qui , si nous avons longtemps à marclier, demeureront en chemin par le défaut de souliers. Les trois paires que chaque soldat avoit en entrant en campagne sont usées; nous n'avons eu aucun séjour assex long pour que nos ouvriers de régiment aient pu en faire , et nous serons fort à plaindre si le maréchal ne trouve pas le moyen d'en fournir à ses troupes quarante mille paires » [34 iO, n« 16.]
2. Du m^me au même, ibid» « Hier au soir, j'ai été me promener dans les jardins de Herrenhausen qui sont fort tristes et où le goût anglois ne règne nullement. L'impression que cette promenade m'a faite a été de songer qu'il feroit beau être à Dixy dans ce moment-ci. 9