AU BARON DE MUNCHHAUSEN
« de rancune qu'il m'a chargé expressément de vous « \oii' et de ne me venger de vous qu'à force de soins, « d'égards, d'attentions et de respects. En conséquence, <( monsieur, je vous prie de disposer de moi dans tous u les points où je pourrois vous être utile moi-même. a Je voudrois être la sauvegarde dé vos terres, de vos <( biens, et je vous prie de demander à M. le maréchal, « de préférence , des soldats du régiment dans toutes « les occasions où vous aurez besoin de garde. Périt sonne ne déplore plus que moi les malheurs de ce u pays ; jour et nuit, nous sommes occupés, ces mesc( sieurs et moi, d'arrêter autant qu'il est en nous la « maraude. S'il est possible, nous souffrons autant que « vous des désordres que les soldats commettent. » M. de Munchhausen n'a cessé de me réitérer ses protestations de respect et d'attachement pour vous, regardant les maux de la guerre comme un châtiment de la Providence, et jurant que ce pays-ci est bien innocent envers la France ; parlant ensuite du roi de Prusse, il m'a dit qu'il n'avoit rien de mieux à faire que de se jeter dans les bras du roi de France , sur la bienveillance et la clémence duquel il devoit fonder ses plus grandes espérances. Ensuite il nous a offert du chocolat, dont je l'ai remercié, l'assurant qu'il ne me falloitplus rien, que j'avois rempli mon objet et me faisois un plaisir in- 11 ni de vous rendre compte de sa justification. Je lui ai renouvelé toutes les assurances du désir que j'avois de lui être utile, ai pris congé de lui et me suis laissé, je vous l'avoue, reconduirejusqu'à la porte. M. deGeofEre' n'a pas manqué de se mêler à la conversation, et lui