VISITE AU BARON DE MUNCHHAUSEN
a fait une peur horrible, en lui laissant entrevoir que le régiment passeroit peut-être Thiver à Hanovre. Quoiqu'il m'eût marqué un désir extrême de me faire les honneurs de cette ville, il souhaite, je crois, bien ardemment, que je n'y remette jamais les pieds. Pendant que \e rendois cette visite, M. de Vignoles* et dix ou douze autres officiers du régiment cherchoient partout le bailli d'Elbingerode que quelqu'un m'avoit assuré être dans Hanovre. Après bien des recherches, ils ont découvert qu'il étoit mort, il y a trois ans, exerçant un emploi dans la ville. Mon projet étoit de me faire avouer par lui qu'il avoit eu part à votre détention et de le relâcher ensuite. Mon amour pour vous m'a fait trouver le plaisir le plus vif à humilier M. de Mûnchhausen. Ma passion satisfaite, j'ai fini par le plaindre, n'y ayant pas, je crois, de supplice plus cruel pour un homme d'esprit que d'essuyer de pareils reproches. Il m'a paru en avoir beaucoup ; mais, en vérité, l'esprit n'est que funeste quand il n'est pas dirigé par un bon cœur. C'est vous, mon cher père, qui avez un bon cœur; aussi, quand je ne serois pas votre fils, je vous aimerois et vous respecterois de toute mon âme; étant votre fils, je vous adore ^. »
Le 22 septembre, M. de Gisors était au camp sous Wolfenbûttel. Parmi les troupes qui y étaient déjà réunies, les bruits les plus sinistres couraient et trouvaient créance ; on disait M. de Soubise battu, l'armée des Cercles entièrement dispersée. M. de Gisors avait raison de n'y pas croire; mais ces a faits d'opinion », suivant