‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 246 sur 422 · LOYAUTK DE M. DE GISORS · texte numérisé non relu

LOYAUTK DE M. DE GISORS

der aux affaires militaires dans le Conseil, ces affaires aillent aussi mal et que le militaire soit perdu à ne jamais s'en relever peut-être. Les murmures qu'on entend ici généralement, le désir de la paix, le défaut de subordination et le désordre général qui règne dans toutes les parties vous feroient frémir. Personne assm'ément n'aime moins que moi M. de Ilichelieu, mais il faut être juste ; le mad vient de plus haut , et quand il perce de toutes parts que la cour n'a nulle confiance dans un général, que M. Duvemey, de son cabinet de Paris, prétend mieux connoître la situation d'une place que les plus habiles officiers généraux qui sont sur les lieux , que le ministre de la guerre maltraite comme il le fait les chefs de corps , fait valoir avec emphase de petites. grâces, dans un temps où la misère éteignant l'honneur ne laisse plus de valeur qu'à Targent, et ne répond pas aux lettres qu'on lui écrit, que les courtisans qui composent la plus grande partie de l'armée y portent les intrigues de la cour , croyez-vous qu'il soit aisé à un général d'inspirer une certaine considération pour lui, de faire servir avec goût et de mettre l'ensemble si nécessaire dans une armée? Le malheur de notre campagne est encore d'avoir eu aussi peu de coups de fusil; l'oisiveté a laissé .le temps à chacun de raisonner, ou, pour mieux dire, déraisonner sur tout ce qui se faisoit. Quand une fois la licence nous a gagnés, nous autres François, vous savez qu'elle n'a plus de bornes. Aussi, blâmant peut-être M. le maréchal sur certains points, je le plains avec équité sur beaucoup d'autres. Je trouve fort simple qu'il soit mécontent, humilié de l'arrivée de M. de Crémille qui passe dans Tarmée pour venir être le censeur de sa conduite, et lui

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