ABUS DES EQUIPAGES
qu'un soldat qui, parce qu'il est plus sage que es autres, se trouve sous les drapeaux, combatte sans frayeur, quand il voit sa compagnie forte de vingt hommes au plus, tandis qu'elle devroit être de quarante. Rien ne peut lui ôter du cœur et de Tesprit qu'il est inférieur en nombre à l'ennemi et qu'il doit être battu. Ce raisonnement m'a été fait souvent par des soldats sensés*. » Passant du soldat à ses premiers chefs, une grande cause de malheur, disait encore M. de Vault, (c c'est la profusion de vaisselle d'argent qu'on traîne avec soi. » Il y avait des officiers généraux qui s'inquiétaient plus de leurs bagages que de leurs troupes; en somme trop d'officiers généraux, trop de bagages; et cela en présence d'un ennemi qui avait peu de besoins, des mœurs rudes, une discipUne sévère, un roi bien au dessous, pour son équipage, d'un lieutenant-général français, des princes du sang moins bien pourvus qu'un maréchal de camp, et ainsi des autres.
Le 10 octobre, le prince de Soubise s'était porté de Gotha à Langen-Salza, au-devant du renfort amené par le duc de Broglie; il y était resté quelques jours afin de donner à ces nouveau-venus, dont le comte de (îisors lui avait fait indirectement connaître la misère ^, le