MAUVAIS ESPRIT DE L'ARMÉE DE L'EMPIRE
lui devait obéissance. « Si M. de Soubise n'avoit que ses troupes seules, écrivait M. de Crémille à Duverney, il seroit peut-être assez fort pour aller à l'offensive ; mais tant qu'il sera lié et asservi à M. de llildburghausen et à l'armée de l'Empire, non-seulement cette augmentation de forces l'affoiblit, mais elle doit lui donner les plus vives inquiétudes sur l'événement, par l'ignorance et la mauvaise volonté trop décidée de la plus grande partie des troupes des Cercles'. » Un peu plus tard, voici ce que, d'après l'autorité d'un officier étranger qui venait de voir l'armée de Thuringe, M. de Gisors écrivait h son père : « Il n'y a rien de si affreux que tout ce que M. de Donop, qui a dîné chez moi, rapporte de l'esprit de l'armée des Cercles. Selon lui, hors les troupes de WUrtzbourg et de Mayence, il faut compter toutes les autres pour rien. On dit que celles de M. de Soubise jusqu'ici ont observé une très-exacte discipline; gare que les nôtres les gâtent par le mauvais exemple '^ » C'est du détachement tiré de l'armée de Richelieu que voulait parler le comte de Gisors. Un officier distingué, M. de Vault, qui tenait la seconde place dans rétat-major de l'armée de Soubise', affirmait qu'au seul contact des troupes allemandes, le mal avait tout de suite envahi et infecté les troupes françaises.
11 était impossible de se figurer ce qu'était la maraude et de songer sans inquiétude à ses déplorables effets. La désertion de la moitié de l'armée ne l'eût pas affaiblie davantage. M, de Vault avait l'esprit observateur et très-pratique : a Peut-on imaginer, disait-il,