‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 255 sur 422 · BATAILLE DE ROSBACH · texte numérisé non relu

BATAILLE DE ROSBACH

est mémorable. Elle a été écrite le 5 novembre, le jour môme oii le roi de Prusse gagnait la bataille de Rosbach.

On n'a point à faire ici le douloureux détail de cette bataille ; mais on ne peut se dispenser d'en noter les suites fatales pour l'armée même où servait le comte de Gisors. Le 6 novembre, les débris de l'armée vaincue s'étaient séparés en deux gi'oupes, à Freyburg; les Allemands s'éloignaient au sud-ouest, les Français au nord-ouest. « Depuis avant-hier je n'entends plus parler du prince d'IIildburghausen, écrivait, le 8, M, de Soubise ; heureux si je n'avois jamais joint son armée, et encore plus si j'avois su m'opposer avec assez de fermeté à la dernière résolution qu'il a prise ^ » Le comte de Saint-Germain, dont la division placée en réserve avait contenu les Prussiens victorieux à la fin de cette bataille si imprudemment décidée par le prince allemand et si mal conduite, faisait l'arrière-garde des troupes françaises et couvrait leur retraite. Les Prussiens d'ailleurs avaient déjà cessé de les suivre. Rétablies en Saxe, tout près de l'être en Hanovre, satisfaisantes dans la Prusse royale, d'où les Russes étaient sortis pour hiverner en Pologne, les affaires de Frédéric II souffraient encore en Silésie et en Lusace ; de ce côté, sa présence était nécessaire pour arrêter les progrès des armes autrichiennes. Il y marchait, laissant les Allemands désunis et les Français humiliés. Malheureusement, à mesure qu'elles s'éloignaient du champ de bataille qui leur avait été si funeste, les troupes du prince de Soubise, au lieu de se raffermir, s'abandon-

^. Soubise ù Paulmy, 8 novembre [3443].

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