‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 268 sur 422 · M. DE GISORS SAUVE LUNEBOURG · texte numérisé non relu

M. DE GISORS SAUVE LUNEBOURG

sieurs de rétat-major. Enfin, le !•' décembre, Winsen fut décidément évacué.

Le maréchal de Richelieu, avec la majeure partie des troupes, s'était déjà replié sur Uelzen, à moitié chemin de Lunebourg à Zell. M. de Villemeur, avec dix bataillons et quatorze escadrons, avait été laissé à Lunebourg pour faire Tarrîère-garde ; il en partit le 3 sur plusieurs colonnes. C'était au comte de Gisors que, d'après les ordres exprès du maréchal, avait été confiée l'honorable et délicate mission de couvrir absolument la retraite. Il avait à ses ordres dix compagnies de grenadiers, cent cavaliers et cent cinquante dragons. Par la négligence des commissaires des guerres , c'était à peine si on avait pu réunir assez de charrettes pour transporter tous les malades de l'armée ; au bruit du prochain départ des Français, les paysans des environs s'étaient enfuis avec leurs attelages. Il y avait dans la ville des magasins considérables qu'il était impossible d'évacuer. Déjà les soldats s'en étaient promis le pillage , et de ces magasins aux maisons voisines la convoitise gagnant de proche en proche, la ville entière était sous la menace d'un désordre immense. Par son autorité, par sa fermeté, par son sang-froid, le comte de Gisors empêcha tout. Quand il sortit de Lunebourg, le dernier, il se sentit le cœur soulagé d'une mortelle angoisse.

Le 4 décembre, il s'arrêtait à Bevensen, à trois lieues eu arrière de M. de Villemeur qui était à Uelzen. Sur sa droite il entendait un bruit de combat. Pourquoi les Ilanovriens, au lieu de suivre une autre colonne, ne s'étaient-ils pas attaqués à lui? Ses ordres lui prescrivaient de demeurer trois jours à Bevensen ; c'était

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assez pour avoir sur les bras toute Tannée du prince Ferdinand; c'était trop poiur attendre en vain, Tœil au guet , Tanne prête. Cependant à Uelzen on le croyait enlevé, lui et son détachement. Quand il eut rejoint la colonne de M. de Yillemeur, a vous eussiez été attendri, écrivait-il à son père, de voir la joie et Tamitié avec laquelle oti me reçut; tous les oÔiciers du régi* ment vouloient venir au-devant de moi ' . i»

D'Uelzen la marche de la colonne fut dirigée, non plus sur Zell directement, mais sur Gifhom, pour regagner Zell par la rive gauche de TAUer. C'était, de par le maréchal inquiet du voisinage de Tennemi, dix lieues de plus pour les troupes épuisées de fatigue. Tel était le résultat de sa folle équipée ; Tennemi auquel il s'était flatté d'imposer lui imposait à son tour, prenait Toffensive, marchait siur ses talons, et menaçait même de le devancer au passage de T Aller ^.

Enfin, le 10 décembre, le régiment de Champagne rentrait à Zell. M. de Gisors fut parfaitement reçu et complimenté par le maréchal, a De qui j'ai été mieux

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