MAUVAISE HUMEUR DES TROUPES
situation est réellement désolante, écrivait M. de Gisors; le peu de réflexion avec lequel se prennent les résolutions les plus importantes, le peu de prévoyance des suites qu'elles peuvent avoir, l'obscurité des instructions, le défaut de liaison . entre les besognes qui devroient cependant être concertées, le désir qu'on a d'entreprendre d'une part et la facilité avec laquelle on se livre le moment d'après à l'effarement, les effets de tous ces mauvais principes sont trop funestes aux troupes pour qu'elles n'ouvrent pas les yeux. De là peu de confiance, excès de dégoût et négligence totale dans le service *. » Il y avait pis encore. Pendant que se tenait le conseil de guerre , l'officier général qui commandait à Zell , persuadé qu'il allait avoir à l'évacuer à la hâte, avait fait brûler des bateaux chargés de vin, d'eau-devîe, de farine, d'avoine et de fourrage; le feu avait gagné les maisons voisines, et, spectacle odieux, le pillage môme était venu s'ajouter aux horreurs de l'incendie.
Le 15, la confusion des bivouacs, sous les murs de Zefl, commençait à peine à s'éclaircir. La cavalerie était envoyée en cantonnement dans les villages les plus rapprochés , une partie de Tinfanlerie dans les deux faubourgs de Hanovre et de Brunswick; les régiments qui avaient des tentes campaient en deçà de la Fuse , la droite au village de Wester-Zell, la gauche à des bois qui s'étendaient jusqu'au confluent de la Fttse et de l'Aller. Le 17, les renforts étaient à peu près tous arrivés; il n'y avait pas moins de soixante-quatorze bataillons et de soixante-six escadrons, à la vérité très-