MÉCONTENTEMENT A VERSAILLES
Tous ces détails n'étaient pas encore exactenaent connus à Versailles au mois de décembre 1757; mais ce qu'on en savait était suffisant pour ajouter au mécontentement que les fautes militaires du maréchal de Richelieu avaient soulevé autour du roi. Le 19 décembre, Paris Duverney écrivait à M. de Crémille : a Je tremble, monsieur, de tout ce qui va sortir des désordres passés et présents. Je vois plus d'un orage se former, et vous savez que, s'ils sont moins fréquents dans les climats tempérés, ils n'en sont que plus terribles, quand une fois ils éclatent ^ » En style métaphorique, le climat tempéré où grondait l'orage, c'était le cabinet de Louis XV. Trois semaines plus tard, le rappel du maréchal de Richelieu et le choix du comte de Clermout pour commander à sa place étaient décidés en principe ; c'est pourquoi on s'était hâté d'arrêter au passage et de renvoyer à l'armée le comte de Maillebois et Crémille, les deui hommes dont la présence au quartier général était regardée comme la plus nécessaire dans un tel moment de crise. Duverney, contre tout espoir.
Uves. Papiers de Clermonl, 1757, I. H, n°» 12G ol puivanls. — A ces churgeâ accablantes pour le marédial de Richelieu, il faut «tjouter le témoignage du roi de Prusse. Frédéric lui avait dépêché, après la convention de Closter-Zeven, un émissaire, le colonel Balbf, d'abord pour essayer, par sou entremise , d'une uégociation plus ou moins sérieuse avec la France. « Cet émissaire, voyant que tout ce qu'il pourrait dire. ?ur ce sujet ne mènerait h rien, se rabattit à demander au duc qu'il voulût au moins avoir quelques ménagements pour les provinces du roi où on faisait la guerre. En mOme temps, on régla avec lui les contributions, et il n*esl pas douteux que les sommes qui passèrent entre les mains du maréchal ne ralentirent dans la suite considérablement ï^ou ardeur militaire, n Histoire de la Guerre de Sept Ans^ chap. iv, p. 145 du tome IV des Œuvres de Frédéric le Grand. Berlin, 1847. 1. (Correspondance Du vcrncy-f'n'mllle, n^ 8(1.