‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 314 sur 422 · PHILOSOPHIE DU COMTE DE CLERMONT · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DU COMTE DE CLERMONT

vils sentiments aux autres, n'aient dit que le premier acte de sévérité que je fais tombe sur le parent de quelqu'un que je n'aime point, et que ma punition étoit plus indiquée par l'animosité que par la justice. J'ai donc rendu compte de la conduite de M. de Saint- Chamans à la cour, en l'instruisant des raisons qui m'avoient empêché de me charger moi-même de sa punition, et voici comment je me suis expliqué : « Je ne <( puis me déterminer à exercer mon premier acte de <( sévérité sur une personne qui appartient à un homme « qui ne mérite de ma part ni amitié ni aversion. » Vous voyez que je dis ce que je pense, et je m'explique vis-à-vis de la cour avec la même bonne foi et la même vérité sur tout. Je ne ferois peut-être pas de même si j'étois uniquement attaché au généralat et que je voulusse me faire une bonne pacotille; mais j'y suis arrivé mal à mon aise, j'en sortirai de même; je ferai le bien de l'Etat et de mon maître ; du reste il en arrivera ce qu'il pourra. Ce qui est certain, c'est que je suis parti content de moi ; j'en reviendi'ai, j'espère, m'estimantet étant estimé : cela fait que je dors bien. Si ma manière ne réussit pas, les perdreaux de Berny sont très-agréables à tuer"; si elle réussit, plus de philosophie, je suis tout entier à mon maître et à ma patrie tant que j'existerai^. »

La retraite, quoique prévue, n'en fit pas moins un déplorable effet à Versailles; madame de Pompadour en était plus que personne désolée. « Que puis-je vous

t . La terre de Berny, près de Pari«, appartenait à l'abbaye de Saint- Germain des Prés; c'était la résidence d'été du prince.

2. Pap. Clermont, 1758, 1. 1, n« 111. —Voir aussi une relation du comte de Qermont, du 14 féfrier au 15 mars, t. Il, n« 66.

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