AU MARÉCHAL DE BIRON
qui formoient notre chaîne de défense n'ont été réparées ; nos points d'appui du centre ne sont pas non plus qu elles à Tabri d'un coup de main. Nous n'avions pas encore de subsistances en fourrages pour trois semaines ; les chevaux de tout le pays ou morts, ou désertés, ou volés, tous les chariots ou brisés ou brûlés, les paysans en fuite; par conséquent impossibilité de tirer des fourrages de loin. Dès le jour de mon arrivée, M. le prince Ferdinand et M. le prince Henri m'ont environné avec de belles troupes, bien vêtues, bien disciplinées, bien recrutées et bien équipées ; ces troupes à chaque instant se sont accrues, et enfin ils en sont venus au point d'avoir à eux deux plus de 60,000 hommes, et à me présenter plusieurs points d'attaque, et par conséquent me forcer à me diviser. Le prince Henri dirigeoit sou attaque du côté de la Hartz, tandis que le prince . Ferdinand marchoit du côté de Verden et sembloit en vouloir à Brème. J'avois, avec tout ce qu'il m'étoit possible de rassembler dans cette partie-ci, au plus 30,000 hommes bien délabrés à opposer à 60,000 bien en état; par conséquent je ne pouvois donc présenter dans les points qu'ils menaçoient que la moitié de ce qu'ils y présentoient. Dans cette position, M. de Saint-Chamans a abandonné son poste de Verden plus de dix heures avant que les ennemis s'y fussent présentés; il a été efiFarouché de quelques chasseurs qu'il a vus dans la plaine et s'est retiré si précipitamment qu'il n'a pas même coupé le pont. Le temps qu'il m'a fallu pour apprendre sa retraite ne m'a pas permis de renforcer le poste de lloya, et par conséquent les ennemis ont passé Verden aussi légèrement qu'ils l'ont voulu, sont tombés sur le poste de Hoya qu'ils ont très-maltraité, et par là
3H4 KKTKAITK EH UBÇA DU WESER.
je me suis vu la commuDicatiOD coupée entre M. de Saint-* icnnoin qui étoit k Brème et moi. Je n'ai pu que mander diligemment au poste de Nienburg et à celui de Neustadt de se tenir prëtb à recevoir rennemi, et à M. de Vcigflé que j'avoiii envoyé pour retrancher ves deuK parties qui se trouvent séparées par le lac de Slcinhuder, de faire ce qui seroit possible pour résister quelque temps à fennemi. Dans ce moment, je n'avoiï' plus la liberté de tenir à Hanovre parce que les ennemis, [s'étnnl| emparés de Neustadt, se seroient portée sur moi comme ils auroieiit voulu et aussi promptement qu'il leur auroit plu. Je ne pouvois me faire joindre assez diligemment parles corps de Uninsflick et de ZcU, et celui que j'avois à Ilanovrc n'éloit pas un état de s'opposer à celui que M. le prince Ferdinand pouvoit , porter sur moi. J'ai donc pris le parti de me mettre en marche hier pour repasser le Weser... Ce qui m'afflige dans cette retraite, ce n'est pas la retraite môme, car je suis fait pour sacrifier ma gloire à l'avantage du roi et au bien de l'État, mais je ne me console point que la précipitation de la retraite de M. de Saint-Chamiins m'ait forcé à abandonner ce pays-ci avant d'a\oir pu faire toute l'évacuation des malades, même [après | en avoir retiré un grand iiombi-e qui périront par la rigueur de la saison et auxquels je nai pu faire préparer des chariots couverts. Une considération personnelle , et dont je fais de bien bon coeur amende honorable, m'a empêché de punir sur-le-champ M. de Saint-Chamans. Comme j'allois l'envoyer à Cologne, quelqu'im me dit qu'il étoit parent du maréchal d'Estrées". J'ai craint que ceux qui ne me connoissent pas et qui pensent assez mal pour vouloir attribuer leurs