ET PRÉTENTIONS DE M. DE MORTAIGNE
VOUS n'attendiez pas votre équipage ; car votre présence, quinze jours plus tôt, peut être d'une grande utilité. Vous trouverez au quartier général le nécessaire pour monter à cheval; M. le comte de Clermont vous nourrira; un lit de camp peut vous suffire pour le moment. Vous saurez mieux qu'un autre vous prêter aux circonstances * . »
Que va répondre le comte de Mortaigne ? « Pour le bien, il faudroit que je fusse premier lieutenant génénil de l'armée, avec l'expectative de mieux; que je fusse toujours au quartier général, attaché uniquement au prince ; que le maréchal des logis de l'armée fût obligé de travailler avec moi, sauf quand il y auroit quelque opération considérable à faire, que j'en fusse chargé, et, l'opération faite, rejoindre le prince. A cela joindre une marque des bontés du roi pour mes services passés en m'honorant du cordon bleu; car, pour la grand'croix de Saint-Louis, il n'est plus temps pour moi, et je vous prie, monseigneur, qu'il n'en soit pas question. Je préfère à cette heure rester avec la croix de Saint-Louis ; je ne dois plus penser qu'au grand ou à rien. Je crois, monseigneur, que vous m'approuverez. Le tout aiTangé comme je viens de le dire, je gagnerai de la considération. J'ai l'amitié et l'estime des Iroupes, et je crois pouvoir assurer que d'ici à deux mois le roi aura une armée qui pourra se montrer^. »
L'homme à prétentions est ici d'un ridictde achevé ; mais il faut être équitable pour le soldat. Dans un temps où la plus urgente de toutes les nécessités exigeait la