PROJETS DE M. DE MORTAIONE
prompte restauration de l'esprit militaire, le comte de Mortaigne était bien choisi. Sans être un homme de guerre complet, sans avoir même les grandes parties du métier, il avait les plus essentielles à Theure présente : la fermeté, la probité, l'esprit de règle et de discipline. Au milieu do ses préparatifs et pendant ses journées de voya^re, il notait et il envoyait au maréchal d«* Belle-Isl«* ses idées de réforme. Ore^aniser Tarmée en divisions permanentes, composées d'un certain nombre de brigades, et les brigades d'un certain nombre de bataillons ; former ensuite Tordre de bataille et cantonner les troupes d'après cet ordre une fois réglé ; attacher à chaque division un lieutenant général, des maréchaux de camp et des commissaires des guerres, qui s'appliqueront nécessairement à leurs devoirs, parce qu'ils seront responsables, les uns de la bonne ou de la mauvaise conduite du soldai, les autres de son bien-être ou de sa misère. Dès lors les généraux « seront forcés de vi\re avec le? officiers et militairement, au lieu qu'ils ne vivent quVntre eux et somptueusement. » Réprimer le luxe : «les gens riches donnent le ton et écrasent les autres.» Réduire les chevaux, les équipages, les repas, selon la rigueur des ordonnances. Plus de vaisselle d'argent, plus de festins: « cela empêchera les officiers particuliers de courir, comme la plupart font, après les bonnes tables ; » ils en auront d'ailleurs à portée d'eux, chez les officiers généraux attachés à leurs divisions. Imposer aux brigadiers et aux colonels la règle absolue de camper avec leurs régiments. Chasser les parasites, les cafetiers, les teneurs de tripots, les filles; en un mot, veiller à la santé physique et morale de l'armée. Voici la conclusion de M. de Mortaigne : « Jusqu'à pré-