‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 33 sur 422 · LES MINISTRES ET LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

LES MINISTRES ET LE PARLEMENT

du ministère. Le comte de Gisors est frappé de la différence qu'il remarque entre les façons des ministres à Versailles et à Londres, ce Chez nous, dit-il, un ministre reçoit les hommages de tout le monde et ne rend que médiocrement de politesses ; ici les ministres vont audevant de tout le monde. Le particulier ne cherche qu'à ne les avoir pas contre soi et le ministre cherche à avoir tous les particuliers pour soi*. » C'est qu'en France les ministres tiennent leur pouvoir du roi , et qu'en Angleterre ils le tiennent de la nation même, par le Parlement qui la représente. Il y a en France le Parlement de Paris qui voudrait marcher de pair avec son homonyme d'Angleterre, et de fait la communauté du nom trompe assez les Anglais eux-mêmes pour que le duc de Mirepoix ait tous les jours à rassurer des gens qui, ayant des fonds en France et voyant le désaccord entre le Parlement et la Cour, s'inquiètent pour leurs intérêts ; il faut leur répéter sans cesse et à grand'peine leur fait-on comprendre que le Parlement de Paris, cour de justice, malgré ses efforts pour usurper sur la politique, n'a ni part ni droit à l'administration des finances, parce qu'il n'a mission de qui que ce soit et ne représente que lui-même. De son côté le comte de Gisors avoue qu'il a eu besoin de venir en Angleterre pour débrouiller la confusion de ses idées sur le Parlement anglais, sur les deux Chambres qui le composent et sur les intérêts qu'il représente.

Un fait le frappe avant tout, c'est qu'il trouve une aristocratie politique au lieu d'une noblesse décorative. On lui apprend qu'en Angleterre il faut distinguer

l . Journal , 1 4 février.

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