CAPITULATION DE MINDEN
santé. On y comptait sept bataillons d'infanterie, un détachement des volontaires de Hainaut, un autre des gardes-lorraines , quatre escadrons de cavalerie , treize compagnies de dragons et quelques hussards ; on estimait le tout à SOOO hommes qui se réduisaient en fait à 3560. Le gouverneur, M. deMorangiès, était un lieutenant général estimé, mais surtout comme officier de cavalerie. Le 5 mars, le prince Ferdinand investit Minden ; la tranchée fut ouverte dans la nuit du G au 7 ; le 12, cinq batteries de canon et une batterie de mortiers ouvrirent le ifeu contre la place; le 13 au soir, les principaux officiers s'assemblèrent chez le gouverneur et déclarèrent, moins deux ou trois, la défense impossible. Le gouverneur était un brave homme, mais tout à fait ignorant dans Tart de soutenir un siège; l'opinion des officiers d'infanterie lui en imposa. Le cœur navré, il céda malheureusement à leurs obsessions; le lendemain Minden était rendu, la garnison prisonnière de guerre; mais les bagages étaient saufs, et les officiers, sur leur parole, pouvaient retourner en France. Ainsi abandonnés et sacrifiés par la mollesse de leurs chefs, les soldats s'indignèrent; un grand nombre, quinze cents hommes, presque la moitié de la garnison, se promirent de n'être ni les complices ni les victimes d'une lâcheté. Un caporal des grenadiers de Lyonnais, qui s'appelait Lajeunesse de son nom de guerre, se fit leur général. Tîmdis que s'achevaient, chez le prince Ferdinand, les dernières formalités de la capitulation, Lajeunesse et ses quinze cents hommes sortirent tout d'un coup de la place, rencontrèrent deux postes ennemis, les détruisirent, et gagnèrent la campagne. Mais réunis pour le combat seulement, sans
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organisation, sans ressources, ils fureot bientôt oblige de 50 disperser pour vivre, el Tliérolque épisode tinît par la maraude.
Cca détails ne furent connus qu'au bout de quelques jours; tnuteCoi», dès It- 15, un savait la caListrophe de Miiidf^n au quartit^r général. Non-seulement il n'était plus po>silili> de si'jounier davantage à llameleo, mais tout espoir de s'arrOter en Westphalie, de couvrir les alliés du nù et de gai'der la liesse, disparut en m^me temps. M TKms ni la Lippe nV'taieatplits des obstacles capables d'arrêter l'ennemi; le Rhin seul y pouvait désormais suflirc. Le )0, l'armée reprit son mouvement de retraite; Wesel était le but assigné aux diverses colotmes que la pénurie des fourrages et des vivres forçait de maicher à dislance tes unes des autres; enfin, le dur de Broplio, qui occupait !a liesse, recevait l'ordre de se retii-er sur llanau, el les gamisoiis de l'Ost-Frîse étaient rap|ielées en même temps. Le 20 mars, de Paderb(jni, le comte de Clermont adressait au maréchal de Ki'lle-lsle une douloureuse et accablante dépêche : «J'ai, je vous assure, lui disait-il, bien de l'impatience d'éti'e de l'autre côté du Hhin. Tout ce pays-ci est infecté di- soldats qui ont pris les devants, de convalescents, de gens d'équipage, de commis de toute espèce, qui commettent des crimes épouvantables, l'as un officier ne fiiit son devoir; ils smit les premiers à piller. 11 faudroit mettre toute l'armée en escortes et en détachenieiils, et il faudroit encore des escortes pour ces escortes-là. On ii'arréleroit pas même par ce moyen le quart de tout ce qui se commet, et l'on abîmeroil entièrement l'armée sans mettre ordre à rien. Je fais pendre, je fais mettre en prison; mais, comme nous