IMPORTANCE DE MINDEN
je puis dire qu'il ne s'en trouvera pas mal. Vous savez que je suis ami sincère et chaud*. »
C'était à Lippstadt qu'avait eu lieu, le 23 mars, la première entrevue du comte de Clermont et de M. de Mortaigne. Pressée, harcelée par un ennemi actif et vigilant, l'armée française avait en vain cherché de l'Aller au Wcser ce lieu d'asile où il lui serait- enfin permis de réparer ses forces. Elle avait espéré le trouver au moins derrière la Lippe. Deux ou trois mois de repos physique et moral , la Westphalie protégée, la liesse gardée, tels étaient les moindres avantages que s'imaginaient avoir acquis , par le sacrifice du Hanovre, le comte de Clermont et le gouvernement de Louis XV. Une ligne de quartiers appuyée à Wesel d'une part , à Lippstadt de l'autre, et, par Paderborn, se reliant aux cantonnements de la liesse, devait leur assurer ces avantages; mais le gage essentiel, capital, de leur sécurité, c'était la possession de Minden. Sans Minden le Weser perdait pour l'ennemi les trois quarts de son importance, puisqu'il ne pouvait plus lui servir de ligne de défense, les Français restant toujours maîtres de rentrer par Minden au cœur du HanovTC.
La place, régulièrement fortifiée, passait pour meilleure qu'elle n'était; la garnison, accrue des troupes qui venaient d'évacuer Nienburg, passait pour suffi-
1 . Clermont à Delle-lslf, 24 mars; à Crémille, 3t mars. Pap. ClerniotiU 1758, t. n, n«» 113-118.