ET LE COMTE DE CLERMONT
Le zèle émane du cœur, et je réponds du mien; mais le contentement ou le mécontement a un grand empire sur rhumauité, et je suis homme *. »
Quelques jours après, le 31 mars, il écrivait à M. de Crémille : « Me voici à Wesel dans le chaos du débrouillement de nos cantonnements. Une grande partie des propositions que me fait M. le maréchal de Belle-Isle à cet égard est très-bien ; j'avois les mêmes vues et j'exécuterai tout ce qui en sera possible. J'aime les avis, les conseils, il n'y a que les ordres qui me répugnent, parce qu'il est constant qu'on ne sauroit de la cour commander une armée à cent lieues. J'entrerois dans un plus grand détail avec vous, si je n'étois écrasé de travail et des maudits courriers de la cour, damnation d'un général, surtout lorsqu'il n'a rien à mander et qu'il faut, malgré cela, qu'il fasse beaucoup de détails^. Je voudrois que Ton se déshabituât de l'inquiétude et de la confiance aux gazettes sur les mouvements et la situation d'une armée. Les seules véritables nouvelles sont celles qu'un général mande, et surtout celles d'un général tel que moi qui ne déguise rien de la vérité et qui ne ralentis ni ne farde le compte des bonnes comme des mauvaises choses. Ainsi l'on doit juger que, quand je ne mande rien, il lU) se passe que des événements ordinaires, telle chose que disent les gazettes, les espions, les atrabilaires, les ambitieux, et cette race maudite d'é-